Le ptit makrel

 

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  • Interview de Paille
    2 photo(s) / Ajouté le : 27 mai 2010 - 673 vue(s)

    Prénom : Yoni (c’est japonais)

    Pseudo : Paille

    Age : 28 ans

    Taille : 1 mètre 80

    Poids : Aucune idée

    Aime : sa famille, son île, la musique et la différence.

    Déteste : le minimalisme, la médiocrité, l’attentisme et la peur de faire des choses.

    Adore dire à sa femme : qu’il l’aime et qu’il a de la chance de l’avoir.

    Ecoute : du Brel, du Ransay, du Diboula, du Kali, du Guanel, du Bruel, du Brassens, du Mona... Du Kerry James, écoute les textes en fait.

    Regarde : Dr HOUSE, DEXTER, The big bang théorie, Desperate housewives, Earl et plus que jamais les Simpson.

    Lit : beaucoup d’articles sur le net, le Monde, mais beaucoup France-Antilles.

    Bonjour Paille, l’homme Paille c’est définitivement fini, c’est Paille maintenant ?

    (Très grand rire) PAILLE n’a jamais été un nom d’artiste, c’est mon surnom depuis un fameux incident arrivé en 1997, et en vrai PAILLE ou l’homme PAILLE peu importe, c’est un peu comme si on disait l’homme Saël, l’homme Valley ou l’homme Lieutenant. Le nom est tout bêtement à la fin mais dans tous les cas on voit très bien de qui il s’agit.

    J’ai entendu dire que tu n’oublies pas !

    Ca doit m’arriver forcément mais lorsqu’il s’agit de ma maman, non je n’oublie pas. C’est le titre d’un des morceaux du single qui annonce l’album et qui parle juste d’un fils un peu bête qui n’a jamais vraiment su dire "je t’aime" à sa mère, et qui essaie de se rattraper comme il peut en lui consacrant 6min sur un cd. Mais c’est loin d’être assez, elle est sincèrement géniale ma mère.

    Parles-nous de ce nouvel album !

    Ben, j’imagine que nous ne sommes plus à l’heure où l’on appréhende la musique avec le souhait lointain de mourir riche, on en fait par ce qu’on aime ça point... c’est ce que je fais, je me fais plaisir, j’oublie les pré-requis, les formats et toutes ces conneries qui ont appauvri nos cultures insulaires depuis 30 ans. Au final, ça donne des choses surprenantes, un peu hors normes et toutes aussi atypiques que le gars bizarre avec son chapeau sur la tête et j’adore ça. Il y a du live, ça vit, bref... tout ça pour décembre 2010.

    Mots pour maux, le bilan est positif ?

    Humainement oui, expérience plutôt enrichissante et épanouissante à vrai dire ; la dynamique est différente, il y a des impératifs de temps de coûts etc.… Et on apprend obligatoirement d’une expérience comme celle là ; ensuite l’essentiel étant ailleurs on pourrait aussi se satisfaire d’un certains succès populaire ou d’estime, mais je préfère me dire qu’on fera mieux, qu’on fera plus et que quelque part il y a encore moyen de fédérer autour de la musique.

    La première édition s’est vendue à combien d’exemplaires ?

    Entre 6 et 7000 si ma mémoire est bonne, c’est un gros score à notre échelle locale, mais nous somme tous conscients qu’il est difficile d’être pris au sérieux au-delà de notre insularité avec ces chiffres là. Notre problématique est bien là, on aura beau avoir des génies comme Mario Canonge ou comme Ralph Thamar, nous ne pouvons qu’ exister que chez nous d’abord pour ensuite avoir cette légitimité qui ouvre les portes , cela passe par un engouement plus concret que les applaudissements, c’est un peu dur à dire mais ça reste vrai.

    On ne t’a pas beaucoup vu à Paris pour Mots pour maux, ça changera pour ce nouvel album ?

    La valse des avions me fait de moins en moins rêver et quand je peux rester avec les miens j’essaie de le faire, donc j’ai du être moins attentif aux sirènes parisiennes peut être. Néanmoins c’est un passage obligé que je souhaiterai effectuer dans certaines conditions, je parle de vrais concerts « live » avec le groupe comme j’en fais en Martinique et pour cela il faut un minimum de recul. Je ne l’avais pas encore mais ça vient.

    Il y a un extrait d’un titre sur Facebook du genre ragga-metal, Bamboolaz t’a inspiré ?

    J’ai un vrai penchant pour la guitare électrique et c’est sur que d’avoir la chance de taffer avec un musicien aussi pointu qu’Eric Duhamel (BAMBOOLAZ) vous offre des possibilités insoupçonnables. Il est extrêmement doué et je suis ravi que le morceau en bénéficie. Il s’appelle « Fè yo mal » et sincèrement c’est…..REMUANT.

    Quelle est ta source d’inspiration en général ?

    Les gens et leurs paradoxes, mon île et ses difficultés à s’aimer elle-même, la vie… Ma vie.

    Ta musique te fait-elle voyager ?

    Presque trop, il m’est arrivé de prendre 40 fois l’avion dans l’année, et quand on aime moyennement ça comme moi, ce n’est pas tout le temps agréable mais je suis conscient de la chance que j’ai eu jusque là et je n’oublie pas de remercier le bon Dieu de m’avoir permis de fouler des sols différents grâce à ce chapeau loool. Guyane, Réunion, Belgique, Allemagne Etc. …

    Peut-on arriver à classer ta musique ?

    Euh je n’espère pas, je déteste les cases et les schémas, j’aime la musique dans son expression la plus large, je vais tout aussi bien voir MALAVOI que Saël et il n’en saurait être autrement. La qualité et la recherche étant les seuls critères viables pour moi, je me laisse la chance de faire juste les choses comme je l’entends, je suis dj, toaster comme on veut mais je ne m’interdis rien et j’adorerai toucher à des choses nouvelles, c’est déjà le cas mais chut (rires)

    Comment est perçue ta musique loin des Martiniquais ?

    J’imagine que celui qui ne comprends pas d’emblé le créole ou qui n’est pas sensible aux rythmiques que j’apprécie pourrait résumer les choses à un mec bizarre qui saute partout en criant un peu trop fort, une sorte d’amuseur public, un vaval … C’est réducteur mais c’est un peu vrai. La musique doit être ludique mais en général je prends le temps d’expliquer les lyrics et les gens sont quand même conscients qu’il y a de la profondeur dans la démarche aussi distrayante soit elle.

    La Martinique te tient à cœur, ce n’est un secret pour personne, comment travailles-tu pour elle ?

    Ben tout d’abord j’ai décidé, alors que j’aurais pu partir à maintes reprises, d’y vivre, j’y ai fait toute mes études et mon sac de diplômes est marqué du sceau de cette belle île et j’en suis plutôt fier. J’essaie aussi de m’impliquer dans le tissu associatif, de faire des choses concrètes, j’enseigne dans une école de commerce tout bêtement parce que ça me tenait à cœur de transmettre le peu de savoir que j’ai et puis j’essaie d’aimer mon pays pour ce qu’il sera autant que pour ce qu’il est. Il y a des tonnes de perspectives pour que la Martinique « ouvre ses yeux » à nous d’avoir le courage de nous y engager.

    J’ai entendu parler de toi en tant que candidat pour la mairie de Ste Luce, c’est pour quand ?

    Rires ...Bientôt, la politique à l’échelle humaine m’intéresse beaucoup mais si c’est pour devenir gras et bête à un poste dont je suis le seul à savoir l’utilité je passe forcément mon tour …

    Si ça devait arriver quel serait ton principal cheval de bataille ?

    La culture … et le passage de flambeau, trouver des gens dynamiques prêt à casser l’immobilisme ambiant. Trop de gens se sont construits un quotidien et s’y accrochent, sans réfléchir à l’intérêt collectif. Pour ce qui est de la culture, il est, à mon sens, évident que c’est la seule voie vers la valorisation de nous-mêmes et la création identitaire.

    Quel est ton point de vue sur les hommes politiques martiniquais ?

    Souvent amoureux de leur propre voix et trop carriéristes pour avouer que la solution de l’autre est la meilleure… C’est plutôt ce schéma qui a détourné les gens de la politique, cependant je suis sûr qu’il y a des hommes juste amoureux de leur pays et qui ont envi de faire évoluer sa situation, se laisseront-il happer par l’engrenage ça reste un mystère.

    Lors d’une précédente interview, tu nous avais avoué être gêné par ta notoriété, qu’en est-il aujourd’hui ?

    Le même, on s’habitue à tout mais bon c’est toujours aussi compliqué de comprendre le pourquoi d’une sympathie populaire malgré le fait qu’on soit conscient de son caractère indispensable pour l’épanouissement de quelqu’un qui crée.

    Le 5 juin tu seras en prestation avec Eléphant Man à Paris, tu es dans quel état d’esprit ?

    À vrai dire mon état d’esprit n’a jamais rien à voir avec les gens avec qui je partage la scène, les seuls à compter sont les gens qui ont fait la démarche de venir vous voir et il faut leur faire plaisir. Donc seul état d’esprit, l’envie de retourner la salle. J’ai beaucoup de respect pour le taff d’Eléphant Man mais je ne fais aucun complexe. Je trouve juste cela important d’offrir aux gens ce genre d’événements.

    Soyons clair c’est où et pourquoi doit-on y être ?

    Ça se passe à l’Equinoxe, y’aura obligatoirement du gros son, du beau monde et en principe un show de dingue, je le suis un peu et il parait que le Jamaïcain d’après encore plus (rires). Donc on vous attend le 5 juin histoire de s’amuser comme il faut.

    P’tit Makrel oblige, lâches-nous un scoop, n’importe lequel, on aime çà !

    Sur l’album à venir je reprends un morceau de Léa Galva, avec elle, et c’est un pur bonheur.

    Côté vie privée, la dernière fois qu’on a eu Paille en interview il était en couple, ça dure ?

    Pas vraiment, mais c’est la vie et ça reste une expérience que je n’aurais pas voulu rater, on verra ce que la suite nous réserve.

    Lors de tes interviews, tu surprends toujours par ta culture générale, ta façon de t’exprimer, tu cultives cet art ? Tu étais un élève assidu en cours ?

    Du tout, j’étais plutôt dissipé et un peu insolent mais j’ai toujours eu l’amour des mots, et ça ne m’a pas lâché depuis. Loin de moi l’idée de me rendre intéressant, je reste seulement conscient du fait qu’au-delà de ma personne il y a une portée derrière chaque terme et un public qui tend l’oreille donc au final j’essaie de valoriser les gens qui me ressemble en disant que cette musique ,comme les gens qui l’écoutent, est loin d’être sans profondeur.

    Si tu ne pouvais plus chanter que seras-tu capable de faire d’autre ?

    J’ai adoré cette année mon expérience de prof, je pense que ça m’irait parfaitement, j’aime vraiment ça.

    A part chanter quels sont les plaisirs de la vie que tu savoures le plus ?

    Les plaisirs simples et sans prétentions, les seuls à être viables, la famille, le sport, les copains, la bonne cuisine, la pèche. Des petites choses simples en fait.

    Tu as un compte Facebook pour tes amis ? Tu suis la mode ?

    Je ne sais si c’est suivre la mode mais oui j’ai un compte Facebook, à la fois pour des besoins de proximité avec des personnes qui me sont chères mais qui ne sont pas tout près mais aussi comme outil de communication. On est à l’heure du marketing viral, du réseau social, on ne peut arrêter le train en marche, juste essayé de s’y trouver une bonne place.

    Ben justement pour ceux et celles qui veulent t’écrire, un MySpace ou autre ?

    Oui bien sur je crois que l’adresse c’est www.myspace.com/pailleofficiel , il y a aussi et surtout la page Facebook, taper l’homme paille officiel et vous devriez tomber dessus j’y mets des vidéos, des liens, des photos etc.

    Y a t-il une question que j’ai oublié de te poser ?

    Oui surement mais dans ce cas j’oublierai de te donner la réponse histoire de garder l’équilibre.

    Le mot de la fin aux lecteurs et à tes fans...

    Je ne suis pas sûr d’avoir des fans mais je remercie les gens qui me soutiennent, ceux qui se déplacent pour venir voir le couillon au chapeau chanter, en espérant ne pas les décevoir à l’avenir.





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