-
Tanya Saint-Val
Nous voilà une fois de plus en entretien, toi qui fus sur notre toute première couverture, il y a 170 numéros maintenant, ça ne nous rajeunit pas çà !
Tanyamania dans les bacs, on a failli attendre, pourquoi c’était aussi long ?
« Byen é vit pa kay ansanm ». C’est un triple album, il fallait préparer des choses de qualité, et forcément cela prend du temps.Il y a quelques termes qui ne sont pas clairs pour tout le monde, alors voyons-les ensemble pour mieux comprendre cet album !
Le premier cd contient des titres réenregistrés, c’est à dire ?
Nous les avons refaits entièrement, rejoués, rechantés. Des musiciens talentueux nous ont rejoint sur le produit. Une section de cuivre pour garder l’ambiance du ZOUK des années 80.Le deuxième, des titres re-masterisés, mais encore ?
Pour préserver l’authenticité des titres nous avons fait le choix de les garder tels quels, de reprendre les enregistrements originaux. On y retrouve par exemple le duo avec Dadou Pasquet de Magnum Band.Et le dernier des inédits. Quels sont les thèmes abordés ?
Les thèmes y sont variés : l’amitié, le drame des femmes battues, l’infidélité, la crise.Sortir un triple album en période de crise, c’est un risque ou une stratégie commerciale ?
Ni l’un ni l’autre. C’est d’abord et surtout la volonté de faire les choses avec son cœur, de réaliser et de proposer un beau produit.Quand on te voit sur l’album et là physiquement on le confirme, tu as forcément un secret de jouvence, quel est-il ?
Non !! Je ne peux que dire merci.Ton concert au Casino de Paris s’est déroulé à guichet fermé, comment as-tu vécu cela ?
Avec beaucoup de joie, de bonheur et de reconnaissance pour mon public qui reste fidèle et me donne toujours autant d’amour et de force. J’y ai pris du plaisir et ce n’est pas terminé.Tu en gardes quel souvenir ?
Il y a longtemps que je n’avais pas fait une grande scène à Paris. C’était vraiment super.De tes 25 ans de carrière, de quoi es-tu la plus fière ?
D’avoir su à la fois garder le cap et prendre des risques, d’avoir su grandir sans me perdre.On te reverra vite sur Paris ?
J’y compte bien. A Paris et en province.Revenons à l’Europe, la situation économique est au plus mal, quel regard as-tu là dessus ?
J’ai du mal à comprendre qu’il puisse y avoir à la fois autant de richesses, de fortune, de développement et en même temps autant de misère et d’injustice.Tu es mère de famille, ça t’inquiète pour l’avenir de tes enfants ?
Bien sûr. Comment pourrait-il en être autrement ? Je crains que ce ne soit encore plus difficile pour eux que cela ne l’a été pour ma génération.D’ailleurs, en tant que mère tu arrives à conjuguer cette fonction avec ton métier ?
Comme toutes les autres mères qui ont une activité professionnelle. Je m’organise et jusqu’à présent, on s’en sort pas trop mal.Je dis bien ton métier, mais il est facile de vivre du zouk aujourd’hui ?
De moins en moins. C’est vrai pour le zouk mais c’est vrai pour la musique en général. Les gens achètent de moins en moins de CD et les budgets sont serrés pour aller aux concerts.Je sais que le sujet te tient à cœur. Comment expliques-tu le désamour du public pour les artistes qui signent chez les producteurs nationaux ?
Les grandes maisons de disque sont aujourd’hui d’abord des entreprises industrielles qui privilégient leurs stratégies marketing plutôt que les choix artistiques, au risque de dénaturer l’artiste. C’est souvent ce qui se passe.Le zouk est mort ?
Non. Au contraire, il est bien vivant, de jeunes talents ne cessent d’éclore. Il évolue sans cesse. C’est ça être vivant.Qu’est-ce qui pourrait donner un nouvel élan au zouk ?
Trouver un modèle économique qui permette à tous, artistes et producteurs, de mieux rentabiliser leur activité.Et le kizomba ? C’est la grande mode à Paris, ça se danse partout, c’est l’avenir de notre zouk ?
Peut-être…Il y a une phrase, un proverbe qui te suit partout ?
« Nul ne me ravira de ta main »Avec 25 ans de recul, si tu n’étais pas artiste, que serais-tu ?
Artiste.L’album est dans les bacs, le Casino de Paris c’est fait, quels sont les autres projets ?
J’achève la tournée aux Antilles et en Guyane et après les fêtes je crois que je vais me poser un petit peu.Pour suivre Tanya, lui envoyer un bisou virtuel, quelle est la procédure ?
Facebook of course et maintenant le site internet officiel de www.tanya-st-val.comP’tit Makrel oblige, une anecdote lors de la réalisation de Tanyamania ?
J’ai pris pratiquement 2 ans pour réaliser cet album et en fait, j’ai bouclé la dernière chanson 1 mois à peine avant la date de sortie. J’étais en panne sur ce morceau et c’est l’un de mes fils qui m’a sorti de l’impasse en me chantonnant ce qui est devenu la mélodie du 1er refrain de « Rêver en secret »Ton mot de la fin aux femmes qui sont super admiratives...
Continuez à être fortes et belles, c’est vous qui m’inspirez.



