-
Interview - Claudy Siar : Délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’outre-mer1 photo(s) / Ajouté le : 20 septembre 2011 - 115 vue(s)
Nom : SIAR
Prénom : Claude
Pseudo : Claudy
Age : 46 ans
Aime : La vie
Déteste : Les inégalités et les « cons » et comme disait AUDIARD « les cons » ça osent tout c’est même à ça qu’on les reconnait »
Ecoute : Toutes les musiques
Regarde : Trop la télé
Lit : « La haine de l’Occident » de Jean Ziegler
Devise : Ma devise témoigne de mon obstination à être solidaire : « Vos victoires sont nos victoires à tous »
Situation : Célibataire
Plat préféré : Dombré avec queues de cochons
Hobbies : Voitures de collection
Un rêve : Une vraie solidarité entre nous afin d’œuvrer ensemble contre les inégalités
Bonjour Claudy Siar, La Nuit d’Outre Mer fera bouger la France le 8 octobre à Bercy, quelle sera ta place dans cet événement ?
Je serais un « parrain » discret ! J’ai beaucoup de respect et d’attention pour Gaël ROTZEN et sa structure. Gaël est un pro que je souhaite aider. Je le remercie également de soutenir le programme « Solidarité »
Et que fait le Délégué interministériel pour l’Égalité des chances des Français ?
Merci de me poser cette question car elle nous renvoie à nos propres comportements ! Je pourrais ici te présenter toutes les actions de la délégation ! Mais ce qui me semble le plus important est l’esprit que je souhaite donner à ma mission. Nous avons tendance à peu soutenir ceux qui parmi nous accèdent à de hautes fonctions. Nous admirons les afro-américains dans leurs réussites mais nous oublions qu’elles sont dues à leurs politiques de « solidarité » les uns envers les autres. Nous devons apprendre à travailler ensemble, à créer des structures et des pôles de compétence qui rendront plus forts les nôtres de façon collective et individuelle. Je souhaite que les entrepreneurs aient une entité qui les rassemble afin de peser ! Je souhaite que nos médias se rassemblent au sein d’un pôle afin de mieux faire entendre notre voix ! Je souhaite que les associations de fonctionnaires se concertent et soient unis afin de trouver des solutions aux problèmes qui leur sont propres ! Je souhaite que le secteur de la culture s’organise enfin pour que nos identités soient mises en exergue. Le cœur de la Délégation est la solidarité que nous exprimons à travers le programme du même nom. La continuité territoriale, l’accueil des étudiants d’Outre-mer, la prise en compte de nos régions et de notre présence dans l’Hexagone.
Il fallait vraiment que tu rentres dans l’équipe de Nicolas Sarkozy pour lancer ta bouteille à la mer ?
Là encore vous mettez en avant vos convictions politiques avant l’intérêt des nôtres, victimes de toutes les formes de discrimination. Nicolas SARKOZY est depuis le 14 mai 2007 le Président de la République française que vous ayez voté pour lui ou non !! Il y a des combats que vous ne pouvez mener qu’au plus haut niveau de l’Etat afin de faire entendre une autre sensibilité. Je n’appartiens à aucun parti politique. Contrairement à ce que j’ai pu lire à mon sujet, je ne suis ni de droite, ni de gauche ! Comment pourrais-je l’être au regard des échecs de tout ces partis vis-à-vis de l’outre-mer ? Penses-tu que l’égalité est une réalité dans le quotidien des nôtres ? Non !! Mon parti est celui des Français d’Outre-mer dont les médias et la presse oublient même qu’ils sont Français lorsqu’ils parlent de leurs régions ! Cependant je voudrais que chacun soit plus pragmatique et analyse le travail fait par les gouvernements successifs au sujet de l’Outre-mer ! Moi je l’ai fait !
Tu penses pouvoir mener ce projet de solidarité à terme en un an ? Et après ?
Il n’y a pas de terme pour le projet « Solidarité ». La Délégation l’a lancé… Lorsque je reprendrais mes autres activités (c’est-à-dire avant l’élection présidentielle) et bien je continuerai mon engagement pour les plus démunis. J’ai initié le programme « Solidarité » et tant que les difficultés subsisteront pour certains d’entre-nous, des associations comme la Case Sociale Antillaise seront utiles.
Tu n’aurais pas été plus efficace si tu avais lancé cette initiative par le biais de ta radio Tropiques Fm ?
C’est toujours facile de dire cela après coup ! Mais aurais tu posé cette question si le locataire de l’Elysée avait été votre candidat ? Vous attendez de l’Etat qu’il joue son rôle d’égalité et lorsque l’un des nôtres est en situation de pouvoir agir, il y en a pour minimiser son action, voire salir cette personne !... A coté de cela, les attentes sont si importantes, je le vis au quotidien en étant Délégué, que je ne comprends pas toujours la teneur négative de vos questions !
L’initiative, La Nuit de l’Outre-mer à Bercy, n’aurait pas pu être financée par l’Etat ?
Il faut savoir ! Pour la nuit de l’Outre-mer, il aurait fallu de l’argent public (ce qui est le cas pour une toute petite partie) et le programme « Solidarité », pour lequel l’Etat a mis de l’argent cela vous gène ? Soyons sérieux ! J’appartiens à cette catégorie de gens préférant la liberté d’entreprendre avec des capitaux privés qu’avec ceux de l’Etat. « La nuit de l’outre-mer » est une manifestation privée et doit le rester.
A ton avis le Zouk avait besoin d’une telle vitrine ?
Ce type de manifestation est important pour la plus populaire de nos musiques. Cela dit, le zouk comme nos autres sonorités sont confrontées à des problèmes économiques graves. C’est en connaissant la situation des acteurs de la musique que je vais organiser des « Assises de la Musique » afin, non pas de faire uniquement des constats, mais de trouver des solutions.
Après cet évènement penses-tu que le zouk retrouvera un souffle nouveau ?
Les problèmes du zouk aujourd’hui ne viennent pas de son manque d’exposition car elle demeure la musique régionale française la plus connue dans le monde. Les problématiques relèvent de la création : monotonie des textes souvent identiques, arrangements de moins en moins créatifs, et surtout déficit crucial de visibilité.
Toi qui es auteur compositeur, interprète, producteur et animateur, que fais-tu pour notre musique ?
En tant qu’animateur, producteur sur RFI, je l’ai diffusé durant 16 ans (pas ma musique mais celle des autres). Avec mon ami et frère Stéphane MOUANGUÉ et Patrick LEMUR, nous avons créé une radio Tropiques FM où la musique est omniprésente. Nous avons une vraie politique musicale qui ne relève pas uniquement de la diffusion mais aussi d’un soutien aux acteurs de la musique, afin que perdurent les œuvres et surtout, satisfaire un auditoire exigeant. N’est-ce pas une vraie preuve d’engagement ?
Parmi tous tes projets, lequel te tient le plus à cœur ?
Le moteur de ma vie est mon militantisme. Dès l’âge de 17 ans, je me suis engagé pour un monde meilleur dans lequel la couleur de la peau, la religion et le sexe ne seraient pas des facteurs d’exclusion. Je reconnais parfois mal vivre l’incompréhension des miens préférant jeter l’opprobre sur l’un des leurs plutôt que d’aider à mener de tels combats !... Alors il m’arrive de douter face aux attaques orchestrées contre moi ! Mais les doutes renforcent ma détermination. J’aimerais que mes compatriotes aient le pragmatisme d’une jeunesse africaine qui sait faire la différence entre l’intérêt général et les aspirations, les convictions personnelles.
On reverra Claudy Siar à la télévision ?
C’est prévu ! En Afrique et en France !
Le 8 octobre tu nous chanteras une chanson ou tu danseras sur scène en souvenir de tes débuts ?
Ah Ah Ah !! Pas mal ! Je suis encore capable de faire un grand écart sans échauffement. Un Best Of et quelques inédits sont prêts depuis décembre dernier et sortiront pour la fin 2012 ainsi qu’une autre surprise sur mon rôle de Délégué interministériel.
Côté actualité, quels sont les faits qui t’ont le plus marqué ces derniers temps ?
J’ai été très marqué par la situation ivoirienne ! J’ai souffert de voir tant de morts de part et d’autres. La Lybie est un déchirement car on y tue des noirs libyens juste parce que parmi les mercenaires de Kadhafi beaucoup étaient noirs ! Je suis attentif à l’annonce de la création de l’Etat palestinien ! Je suis heureux de la position de la France sur ce dossier ! Et je me satisfais de voir mis au grand jour l’hypocrisie des Etats-Unis vis-à-vis des palestiniens qui depuis plus de 20 ans attendent la création de leur Etat. Cependant ma grande préoccupation reste la situation des miens ! Difficultés à tant de niveau ! Le tableau n’est pas que négatif heureusement, mais les problèmes gangrènent notre communauté et nous devons nous unir afin de trouver des solutions. Nous ne devons jamais oublier que chaque victoire des Français d’Outre-mer ne doit pas être vécue comme un privilège qu’on leur accorde mais bien comme de l’égalité pour celles et ceux qui en sont encore privés. Je connaissais les limites de certains de nos militants, aujourd’hui je vois leurs capacités à diviser et à (pensent-ils) se réserver un champ d’action, une chasse gardée ! Je suis attentif au travail de militants plus jeunes, plus pragmatiques, que je souhaite promouvoir. Je suis un homme cherchant toujours le jeune ayant la capacité à succéder à l’ancien ! Nous devons être dans la culture du partage et de l’échange.
Malgré ton emploi du temps chargé, tu as le temps de prendre du bon temps ?
Malheureusement non ! Et j’avoue de moins en moins supporter tous ces sacrifices pour mes engagements au détriment de ma famille et de mes amis ! Je crois que cela n’en vaut pas toujours la peine.
Tu vas au restaurant avec Nicolas Sarkozy ?
J’ai déjeuné avec lui début 2007 ! Il était l’invité de notre club au sein duquel nous avions reçu tous les candidats de la présidentielle 2007 ! Nous avions à l’époque rappelé à chacun les difficultés des Français noirs et souhaitions connaître leurs positions. Non je ne suis pas un intime du Président, si telle est ta question ! Et je ne suis (contrairement à mon prédécesseur) pas membre de l’U.M.P !
C’est une tradition chez nous : Tu pourrais conseiller aux lecteurs un restaurant ?
Oui le restaurant de l’un de mes amis le journaliste Alain FOKA…c’est « la villa Pergolèse » rue Pergolèse dans les « beaux » quartiers de Paris ! Un restaurant panafricain où les spécialités antillaises sont aussi à la carte. J’aime bien aussi l’ambiance du restaurant « Doudou créole » de mon ami Gus à Alfortville.
Le mot de la fin est pour toi, quel serait ton message au peuple d’Outre Mer ?
Nous avons tant de combats à mener, de défis à relever. Une vraie solidarité, le respect mutuel que nous nous devons devrait nous offrir de belles victoires ! Mais voilà ! Nous nous sommes souvent mis d’accord pour ne pas être d’accord. Nous devons repenser nos comportements, agir différemment et sortir des clivages politiques, des dogmes, des réponses toutes faites que l’on nous sert et que nous adoptons sans nous interroger ! Les mouvements du LKP du 5 février, les Etats Généraux prouvent que nos voix peuvent être entendues ! Si ces rassemblements sont politiquement et idéologiquement très différents voire opposés, ils traduisent néanmoins une certaine réussite lorsque l’on est uni et mobilisé. Nos petites personnes ne sont rien, ni les coups ni les échecs que nous subissons, au regard de « l’obligation de réussite » que nous devons avoir envers nos enfants et les générations futures.
1 Message
| L | M | M | J | V | S | D |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 |
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 |
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 |
| 28 | 29 | 30 | 31 |
-
Hommage à Joseph Zobel avec Max Cilla (Paris)
-
Les Trophées des Arts Afro Caribbéens 2011 (Paris)
-
Carnaval de Nothing Hill 2011 (Londres)
-
Carnaval Tropical 2011 (Paris)









